« Le 1er avril 2001 je suis mort. » On connaît Benoît Preteseille pour ses bandes dessinées parues chez Atrabile, Biscoto, Cornélius et dautres éditeurs, où il exprime un intérêt certain pour lart du début du XXe siècle, le dadaïsme, le surréalisme, Fantômas, Boris Vian ou encore Marcel Duchamp. Cest peu dire quon ne le voyait pas vraiment investir le terrain de lautobiographie. Et pourtant Il y a 25 ans, Benoît Preteseille a été foudroyé sur un train par un arc électrique. Brûlé de part et dautre au troisième degré, hospitalisé pendant de longues semaines, il en a gardé une série de marques et cicatrices, autant de souvenirs indélébiles et aujourdhui toujours visibles. Si certains accidents, certains traumatismes, viennent blesser lintérieur dun être sans que cela soit discernable, la brûlure, elle, abîme la chair pour longtemps, voire pour toujours. Et si Benoît Preteseille a appris à vivre avec ce nouvel état, le regard de lautre, lui, renvoie sans cesse limage dun être qui appartient désormais à une communauté à part, une tribu de « personnes abîmées, bousillées, tordues, ébréchées » et « visiblement pas intactes ». Cest de cela dont parle Benoît Preteseille dans « Un Grand Brûlé » la douleur infinie, le regard des autres, les liens familiaux à travers des pages humbles dans leur forme, mais incroyablement puissantes, et marquantes. Quand il ne dessine pas, Benoît Preteseille dirige sans partage ION éditions et fait de la musique sous le pseudonyme de Benoît Tranchand: il est également enseignant à lEESI dAngoulême.






